Enrico Bernardo: « En voyageant, on touche à l’essentiel: la liberté et la rencontre »

Sommelier italien renommé dans le monde entier, Enrico Bernardo est aussi un globe-trotter: depuis quatre ans, il fait un tour du monde des vignobles qui l’a déjà mené de l’Afrique du Sud à l’Australie, en passant par les vignobles d’Amérique du Sud, d’Italie, de France… Ce « Voyageur du vin », élu Meilleur sommelier du monde en 2004 à l’âge de 27 ans, ancien chef-sommelier au prestigieux hôtel George V à Paris, créateurs de trois restaurants gastronomiques à Paris et Courchevel, auteur de « La sagesse du vin » (éd. Flammarion), est passé par la Corse dans le cadre de son tour du monde. Les Voyages du vin ont eu la chance de le rencontrer.

Vous avec entrepris un tour du monde des vignobles, dans quel objectif ? Ecrire un livre à nouveau ?

Ce tour du monde est un défi sur quatre années. (…) J’ai un livre en préparation mais il est plutôt la conséquence du voyage que son objectif. Ce tour du monde est pour moi, à mes frais, pour me nourrir du vin et des rencontres. C’est un projet de vie pour reprendre contact avec les vignerons et la viticulture. C’est en voyageant qu’on s’inspire et qu’on s’imprègne de la réalité. On touche à l’essentiel: la liberté et la rencontre.

Que trouvez-vous de particulier dans les vins de Corse ?

Il y a en Corse une réalité écologique et panoramique unique: tous les domaines sont sur des terres entourées de maquis, de la montagne ou de la mer… Les paysages sont merveilleux. Il y a également une prise de conscience de la part des viticulteurs de l’importance de valoriser les cépages autochtones corses. La Corse est presque une terre vierge qui n’a pas connu l’invasion des cépages internationaux ni la chimie à outrance dans les vignes.

Un vin, un domaine, un terroir qui vous ait particulièrement marqué durant cette tournée en Corse ?

C’est très difficile de choisir ! J’ai beaucoup aimé la fraîcheur des vins de Bonifacio, Tarra di Sognu ou Zuria, mais aussi la lumière, la finesse, la justesse des vins de Jean-Charles Abbatucci au sud d’Ajaccio. Le rouge de Muriel Giudicelli à Patrimonio est d’un équilibre parfait, comme celui du Clos Signadore ou de Leccia. Le Biancu Gentile d’Antoine-Marie Arena est d’une droiture exceptionnelle. En Balagne, Paul-Antoine Suzzoni au Clos Culombu a une vision de la viticulture époustouflante pour son âge. La cuvée Sirocco du domaine Vaccelli est la preuve qu’on peut trouver des solutions même dans les années difficiles. Manu Venturi à Ponte-Leccia, dans cette faille entre schistes et granits, fait des vins tous plus intéressants les uns que les autres. Je suis tombé amoureux des muscats du domaine Pieretti et du Clos Nicrosi… Je suis vraiment emballé par tout ce que j’ai dégusté.

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